Moby l’a dit

Sélectionnés pour vous, quelques extraits d’interviews de Moby (qui ne figurent pas dans le Musicbook).

Physique

"J’ai l’air aussi chétif qu’une blette, je n’ai quasiment plus de cheveux, ma vue baisse et mes dents sont fragiles"

"J’ai la conviction qu’on régresse lorsqu’on ne se mélange pas, j’en suis la preuve vivante : ma vue n’est pas bonne, mes dents non plus et j’ai perdu mes cheveux".

Jeunesse et punk rock

" J’ai grandi dans le Connecticut, où l’on trouve 95% de blancs protestants et 5% de blancs catholiques ".

"Quand j’avais 15 ans, il y avait ce groupe punk rock qui s’appelait Fear qui jouait au Mudd Club. L’un de mes amis a dit à ses parents qu’il sortait juste au cinéma et a demandé à emprunter la voiture. Nous sommes partis de Darien, Connecticut. Aucun de nous n’était allé seul, la nuit, dans New York.
En fin de compte, on a trouvé le Mudd Club. Fear est monté sur scène vers deux, trois heures du matin. Nous étions des gamins de banlieue et le club etait plein de punks sombres et menaçants, donc le truc était vraiment excitant. C’était la première fois que je voyais des gens danser le slam.
Quand nous sommes revenus à la voiture, elle a refusé de démarrer. Nous avons dû appeler le père de mon ami à cinq heures du matin pour qu’il vienne nous chercher.
J’ai le souvenir très précis d’être assis dans un dinner au coin de Broadway et Canal, épuisé et terrifié à l’idée de ce que le père de ce type allait nous dire. Mais il a été plus compréhensif que ce que nous pouvions craindre".

"Quand j'évoque le punk, je parle aussi bien des groupes punks de 1977 que de la new wave. En gros, toute la musique faite par des gens avec des cheveux courts entre la fin des 70’s et le début des 80’s. Pour moi, Black Flag, les Psychedelic Furs, Orchestral Manoeuvres ou les Dead Kennedys faisaient tous partie du même mouvement.
A l'âge de 15 ans, ma plus grande idole était John Lydon. Les trois premiers albums de Public Image Limited ont eu une importance fondamentale pour moi, à égalité avec Joy Division et les premiers Echo & The Bunnymen. Heaven up there, Closer et Second Edition furent mes trois meilleurs amis d'adolescence !"

Le travail

"Je travaille exclusivement en solitaire. Quand je travaille dans mon appartement, c'est juste moi et mon studio. Je compose mes chansons à la guitare et au piano. Je désire toucher les gens, provoquer en eux des émotions, et un des moyens d'atteindre ce but est de composer des mélodies fortes".

"La seule fois où j’ai fait appel à des musiciens de studio, c’était pour la bande originale de James Bond. Je voulais que les cuivres ne sonnent pas comme une nappe de synthés".

"L’idée de congé est une hérésie pour moi. Je déteste ça. Je pense que j’aurais assez de congé lorsque je serais mort. Rien ne me plait autant que de travailler. C’est le point fort de ma vie. Je ne ressens pas le besoin de faire une pause "

Les performances live

"D'une certaine manière je trouve que ma personnalité sur scène est plus honnête que celle de la vraie vie. Une des raisons pour laquelle je parais très calme en dehors de la scène est que je suis très timide. En concert, je trouve plus facile de me désinhiber complètement".

"En Angleterre, j’ai fait le DJ devant un parterre de 20 000 raveurs en restant le seul à ne pas consommer d’ecstasy"

" Je me souviens d’être allé voir un concert des Chemical Brothers il y a quelques années – j’aime leur musique – et je regardais la scène mais je ne les distinguais pas. Il y avait ce grand mur de matériel et de temps en temps une petite tête surgissait et je me disais : "Et j’ai payé 35 dollars pour voir le sommet de la tête de quelqu’un ? " Je me suis senti un peu floué ".

Musique

"A la naissance, le premier son que vous entendez, c’est celui d’une femme en train de crier, à moins que votre mère n’ait été anesthésiée. Donc, en général, les sons primaires que vous entendez sont d’abord le battement du cœur, qui est comme une boîte à rythmes et ensuite une femme en train de crier. Nous écoutons donc tous de la techno dès le moment de notre naissance".

“La musique électronique fait encore un peu peur. Mais dans cinquante ans, le synthétiseur nous sera plus familier que la flûte".

"Il reste encore quelque esprits chagrins persuadés que notre musique n’est pas naturelle car nous n’utilisons pas de "vrais" instruments. Or, il n’existe qu’un seul "vrai" instrument, c’est la voix. Une guitare, une flûte, un piano... ce sont des machines, tout comme un synthétiseur ou un sampler. Cela m’énerve tellement quand j’entends quelqu’un dire qu’il y a des vrais et des faux instruments. Qu’on me montre donc les champs d’arbres à flûte !"

Carrière

"Mon but, il y a 10 ans, quand j’étais DJ à New York était de vendre quelques centaines de disques. Je me rappelle mon premier label, Instinct Records, me disant en ricanant: " Oh, si tu pouvais vendre 15 millions de disques… ". Tout ce que je désirais réussir professionnellement, en musique, je l’ai fait… et c’est dingue. Les chances étaient tellement minces. Quand tu penses aux artistes reconnus… Traditionnellement, ils sont très sexy, jeunes, beaux, et de formidables danseurs et moi, je ne suis pas particulièrement sexy, jeune et je ne chante pas très bien, et je ne danse pas très bien non plus".

"Mon conseil aux jeunes musiciens : si vous faites le genre de musique qui passe à la radio, signez avec une major. Si vous faites du hip hop, si vous faites du r’n’b, si vous faites du rock alternatif, si vous faites des chansons à texte, alors par tous les moyens, signez avec une major car ils sont compétents pour ce genre de style. Si vous faire quelque chose d’obscure ou d’ésotérique, alors allez voir un label indépendant car les majors n’ont aucune idée. La seule chose qu’ils connaissent pour promouvoir un disque, c’est la radio".

"La vie des musiciens, c’est toujours la même histoire : un mec sort de sa petite ville, le succès arrive, ensuite il sombre dans la drogue et l’alcool et enfin, il perd tout. Je regarde ça et je me dis : " OK, voilà ce qu’il ne faut pas faire. D’abord, ne jamais monter dans un avion à hélice !"

Cinéma et musique

“Je ne comprends pas pourquoi les musiciens ne s'investissent pas dans la biologie marine ou les échecs, ou autre chose… Ils veulent tous devenir acteurs. Il y a tant d'acteurs au chômage, laissons-leur du boulot, surtout que ce n'est pas toujours génial quand les musiciens s'y mettent. Mais le pire, je crois que c'est l'inverse, quand des acteurs se mettent à la musique, comme Kevin Bacon ou Johnny Depp”.

Le Japon

"Le Japon est vraiment un endroit sympathique. Les gens sont agréables. On y trouve des gadgets et des bidules vraiment cools. Les immeubles sont élevés. La nourriture est intéressante. Les toilettes offrent d'étranges fonctionnalités. Et mon réalisateur de cinéma favori, Takeshi Kitano, vit ici". (après un séjour à Tokyo en février 2002).


© Jean-Michel Oullion - 2002
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